Pouvons-nous faire confiance aux robots pour nous opérer ?

En médecine comme dans tous les autres domaines, la part de l'informatique et de la robotique est croissante. Il est indéniable que les machines réduisent la pénibilité, apportent des degrés de précision inégalés et permettent de gagner du temps. Mais lorsque les choses se compliquent, faut-il accuser l'utilisateur ou le produit ?

 

Où commence le robot ?

 

De nombreux appareils sont utilisés en médecine et en chirurgie, à divers degrés d'importance. Les ophtalmologistes se servent d'une machine qui ajuste elle même sa position par rapport à la rétine et mesure de nombreux paramètres qui aident au diagnostic. A l'opposé, un bras commandé par ordinateur permet à un chirurgien d'opérer à distance un patient. Entre ces extrêmes se situent de nombreux outils. Dans aucun cas ils ne sont utilisés sans praticien. Ils sont une aide, un appui, mais ne sont pas encore autonomes...pour le moment.

 

Les apports que constitue le robot

 

On ne peut pas grand chose contre le progrès, surtout lorsque celui-ci permet de réaliser des prouesses médicales. Ainsi un robot peut-il positionner des électrodes cérébrales avec un degré de précision que l'Homme ne pourrait atteindre. Certains permettent de réaliser une opération qui ne serait tout simplement pas aussi simple si elle devait être faite par un chirurgien. Les caméras endoscopiques, guidées par ordinateur, permettent une intervention moins invasive qu'une ouverture de plusieurs centimètres au niveau d'une articulation. On peut aujourd'hui diagnostiquer très tôt les pathologies oculaires indécelables auparavant. Les applications sont infinies.

 

Les limites de l’exercice : l’opération à distance

 

Pour autant on assiste de plus en plus à des interventions nécessitant la mise en place de trop nombreux appareillages. C'est le cas de l'opération à distance. Si on peut saluer la prouesse technique, imaginer le nombre de machines nécessaires à celle-ci peut faire froid dans le dos. Il faut un ordinateur de chaque côté des protagonistes, les appareils standard de surveillance des paramètres (cardiogramme entre autre), une connexion exceptionnelle et un robot qui reproduit le geste du chirurgien sur le patient situé à des milliers de kilomètres, avec une précision bien en dessous du millimétrique. Le risque est-il nécessaire ? Est-il maîtrisé ?

 

En cs de problème, que se passe t-il?

 

Et si la connexion Internet devenait saccadée ? Imaginons que l'opération se complique. Certes, il y a une équipe prête à intervenir en salle, mais dans le pire des cas, qui fait-il incriminer ? Le chirurgien à distance ? Le fournisseur d'accès à Internet ? La machine ? L'équipe du bloc opératoire qui n'a pas pris le relai de façon efficace ? Tant qu'aucun incident n'est à déplorer, le monde continuera d'applaudir les miracles de la robotique médicale. Ce n'est que lorsque des accidents surviendront que se poseront les questions de responsabilités partagées. Et comme ces cas ne sont jamais débattus d'un point de vue juridique avant qu'ils ne surviennent, nul doute que chacun rejettera la faute sur un autre. Un praticien opère un patient avec un laser endoscopique. L'appareil dysfonctionne et produit des lésions involontaires irréparables. Contre qui la famille pourra t-elle se retourner ? L'Homme ou le fabricant de l'appareil utilisé par l'Homme ?

 

Légiférer avant d'utiliser, c'est l'enjeu des progrès médicaux assistés.

 

Voici plusieurs témoignages sur la confiance accordée à un robot médecin: http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/et-vous-auriez-vous-confiance-en-un-robot-qui-vous-opererait-02-02-2015-4498107.php

 

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